Si vos outils de suivi de positions affichent depuis la mi-septembre des chutes brutales que la Search Console ne confirme pas, le problème vient peut-être de l’outil et non de votre site : Google bloque davantage les robots qui relèvent ses résultats, et sert parfois à ces robots des pages de résultats faussées.
- Selon l’éditeur Nozzle, les requêtes vers Google ont commencé à échouer le 13 septembre, puis des pages « empoisonnées » sont apparues à partir du 20 septembre.
- Sur son échantillon, 8,0 % des pages de résultats relevées depuis le 13 septembre étaient faussées, contre 0,17 % avant.
- Sistrix, SE Ranking, DataForSEO, Advanced Web Ranking et Morningscore ont tous communiqué sur des anomalies.
- Google n’a fait aucune déclaration officielle sur le sujet.
Plan de l'article
Que se passe-t-il avec les outils de suivi de positions ? #
Les outils de « rank tracking » fonctionnent tous de la même manière : ils interrogent Google pour une liste de mots-clés, récupèrent la page de résultats et notent la position de chaque site. Ce relevé automatique, Google le tolère mal depuis longtemps. Mais depuis quelques semaines, il le combat nettement plus fort.
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Le 12 octobre, le site spécialisé Search Engine Roundtable a fait le point : Google bloque plus de tentatives de collecte qu’il ne l’avait fait depuis longtemps, multiplie les vérifications de type captcha, et les données des outils deviennent peu fiables. Plusieurs consultants SEO reconnus le disent ouvertement, à l’image de Lily Ray pour qui les outils de suivi sont « trop peu fiables en ce moment ».
Que veut dire « résultats empoisonnés » ? #
C’est le point le plus préoccupant. L’éditeur Nozzle a publié le 10 octobre une étude intitulée « Poisoned Google SERPs », fondée sur des dizaines de millions de pages de résultats collectées. Son constat : depuis le 20 septembre, une partie des pages qui passent les filtres de Google reviennent faussées.
Concrètement, la page ressemble à une page normale. Pas d’erreur, pas de captcha, le même gabarit. Mais la plupart des sites habituellement présents sur le mot-clé ont disparu. Selon Nozzle, 8,0 % des pages relevées depuis le 13 septembre étaient dans ce cas, avec un pic à environ un quart des pages entre le 27 et le 29 septembre.
Ces épisodes sont courts : 77,9 % des cas reviennent à la normale en moins de trois jours. C’est justement ce qui les rend trompeurs. Un outil peut sembler fonctionner parfaitement tout en affichant, quelques jours, une chute qui n’a jamais eu lieu.
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Comment réagissent les éditeurs d’outils ? #
Les réponses varient selon les acteurs. Sur sa page d’assistance mise à jour le 7 octobre, Sistrix explique avoir coupé les mises à jour à la demande depuis septembre 2026 et ne publier que les résultats qui passent des contrôles supplémentaires. Certains mots-clés sont donc actualisés moins souvent.
Sistrix rappelle aussi deux changements plus anciens qui compliquent la collecte : depuis septembre 2025, Google ne renvoie plus que 10 résultats par requête, et depuis juin 2026 les clics passent par des redirections internes que l’outil doit résoudre. L’éditeur concentre désormais ses analyses sur le top 10.
SE Ranking a signalé sur sa page d’état des positions manquantes pour certains mots-clés, DataForSEO a lui aussi communiqué sur son statut, et Advanced Web Ranking a publié un article pour expliquer pourquoi les positions suivies ne correspondent plus toujours à ce que l’on voit dans Google.
Pourquoi Google durcit-il le ton ? #
Google ne s’est pas exprimé. Les hypothèses avancées par les observateurs visent surtout les robots des acteurs de l’intelligence artificielle, qui aspirent ses résultats pour alimenter leurs propres réponses. Sistrix évoque la volonté de bloquer des concurrents IA et d’empêcher l’entraînement de modèles ouverts. Les outils SEO seraient alors des victimes collatérales.
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Restons prudents : aucune de ces explications n’est confirmée par Google. Ce qui est établi, en revanche, c’est l’effet sur les données que les agences et les annonceurs consultent chaque jour.
Comment lire ses positions sans se tromper ? #
Première règle : ne jamais réagir à une chute isolée sur un ou deux jours. Si un mot-clé s’effondre puis revient, il s’agit très probablement d’un relevé faussé. Nozzle conseille de comparer avec les sites habituellement présents en première page les semaines précédentes : si eux aussi ont disparu, c’est la donnée qui est en cause, pas votre site.
Deuxième règle : la Search Console reste la référence. Ses impressions et ses clics viennent directement de Google. Si elles se maintiennent, votre site n’a pas disparu, quoi qu’en dise l’outil tiers. Elle a toutefois une limite connue : elle ne détaille pas les clics et requêtes issus des aperçus IA et du mode IA.
Troisième règle : regarder les tendances sur plusieurs semaines plutôt que les variations quotidiennes, et, pour les mots-clés stratégiques, faire ponctuellement une vérification manuelle en navigation privée.
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Faut-il changer d’outil ? #
Pas forcément. Tous les outils subissent la même contrainte, et aucun n’a annoncé de parade définitive. L’enjeu est plutôt de savoir comment le vôtre filtre les données douteuses : c’est une bonne question à poser à votre fournisseur. Pour un rapport client, mieux vaut aussi l’accompagner des données de la Search Console, afin d’éviter de commenter une baisse qui n’existe pas.




